Damien ABAD interviewé par les Jeunes Européens (15.02.2009)
Interview de Damien ABAD, président des Jeunes Centristes, parue le 14 Février sur le site Internet des Jeunes Européens.
L’Europe politique se défend aussi en politique... En cette année d’élections européennes, notre Mouvement sera lui-même engagé sur le front électoral, tout en restant fidèle à sa vocation transpartisane. Mais qu’en est-il des jeunes ? Nul doute qu’une fois de plus, on ressassera à l’envi la rupture de l’Europe et de la jeunesse. Les Jeunes Européens professionnels donnent la parole aux jeunes de tous bords qui battent en brèche cette idée reçue et s’engagent en politique pour l’Europe. (...)
Damien Abad est président des Jeunes Centristes. Il se présente aux élections européennes, comme tête de liste Nouveau Centre dans la circonscription Sud-Ouest.
Commençons par ce qui nous réunit, commençons par l’Europe. Vous appartenez à un parti dont une valeur constitutive, historique, est le fédéralisme européen. Ce mot est tiré en tous sens par le monde politique. Concrètement, qu’est-ce que l’Europe politique pour vous ?
Construire l’Europe politique, c’est relever trois défis :
- le défi d’une Europe démocratique qui suppose un Parlement européen aux pouvoirs d’initiative et de contrôle renforcés ainsi que l’existence d’un véritable espace public européen,
- le défi d’une Europe plus proche des attentes des citoyens, capable de relever les défis de demain, qu’ils soient économiques, écologiques, démographiques, sanitaires, culturels ou politiques,
- le défi d’une Europe puissance politique à part entière, capable de faire contrepoids aux Etats-Unis ou à la Chine et capable de réguler les crises financières internationales.
Entrons dans le vif du sujet. Partout s’impose le constat d’une fracture entre l’Europe et la jeunesse…
Oui, parmi les grands enseignements à tirer du référendum sur le Traité constitutionnel, nous retenons celui de la désaffection massive des jeunes à l’égard de l’idée européenne.
Pour éviter une telle fracture, il faut rajeunir l’imaginaire européen. Le triptyque fondateur « paix, pain, liberté », moteur de la construction européenne dans les années 1950, ne fait plus écho aux préoccupations actuelles. Nous devons donc réinventer un imaginaire commun articulé autour des défis d’aujourd’hui, qu’ils soient économiques, écologiques, démographiques, sanitaires ou politiques.
Est-ce vraiment l’Europe dont les jeunes s’éloignent ? N’est-ce pas plutôt que les jeunes rejettent une politique institutionnelle qui elle-même les tient à l’écart ?
Il est vrai que nous devons changer notre manière de voir l’Europe et de faire l’Europe. Nous qui sommes des européens convaincus, nous devons cesser d’apporter des réponses uniquement institutionnelles. Nous devons, au contraire, faire en sorte que l’Europe apporte des solutions concrètes qui répondent aux inquiétudes et aux préoccupations des Français dans leur vie de tous les jours.
Pour cela, il faudra privilégier l’Europe des projets sur celle des Traités qui ne sont que des outils servant à mettre en œuvre des politiques communautaires.
L’Europe de demain doit également être une Europe de plus de mobilité pour la jeunesse.
Quelle est la meilleure façon d’en finir avec la dépolitisation et le repli sur soi ? Comment la jeunesse peut-elle se réapproprier la construction européenne ?
Afin de susciter de nouveau l’adhésion des jeunes au projet politique européen, je proposerai de défendre une Europe de la Jeunesse, de la Culture et de l’Education, avec par exemple la mise en place d’un Pass Européen culture, transport et hébergement, la création d’un service civil européen ou le développement d’universités transnationales.
En outre, la jeunesse se réappropriera la construction européenne si nous faisons la démonstration que l’Europe est une force qui agit, qui réagit, qui protège et qui se projette. La Présidence française de l’Union européenne a su démontrer que l’Union européenne était le seul niveau pertinent de l’action politique dans la gestion des crises, qu’elles soient économiques (crise bancaire et financière) ou militaires (conflit russo-géorgien).
Pour la première fois depuis trop longtemps, et ce grâce à un réel volontarisme politique, l’Europe est apparue comme une solution et non comme la source de nos maux, comme un solide bouclier anti-crise unique, et non comme une machine technocratique et impuissante.
Mais en dehors de ces circonstances exceptionnelles, son action au quotidien demeure méconnue. Il nous faut donc désormais construire une Europe plus démocratique, plus solidaire et plus proche des citoyens.
Dans ces conditions, le rendez-vous des Européennes revêt une importance cruciale...
Oui, et l’on ne peut pas d’un côté se lamenter sur le taux de participation aux élections européennes qui décline à chaque scrutin depuis 30 ans, sur leur nationalisation, et de l’autre se satisfaire de l’idée que, quels que soient les résultats des élections, la politique menée à Bruxelles sera toujours la même. L’Europe est malade de son consensus ; elle a besoin de clivage politique afin de redonner du sens au scrutin européen.
Il faut qu’à travers le suffrage des citoyens européens émerge, d’une façon ou d’une autre, une majorité ayant clairement un mandat pour infléchir la politique européenne en fonction de ce que veulent les Européens et non pas en fonction de ce que veulent la Commission et les Etats Membres.
A terme, je crois qu’il est important que le Président de la Commission européenne puisse tirer sa légitimité du Parlement européen.
Comment rendre ces élections réellement européennes, éviter un nouveau round de politique nationale ?
Les élections européennes ont toujours été un terrain d’expression pour les mouvements contestataires. Celles de 2009 n’échapperont pas à la règle, surtout dans un contexte de crise.
Afin d’éviter cet écueil, je propose deux mesures concrètes. La première consiste à ce que les élections européennes aient lieu le même jour partout en Europe. La seconde consiste à établir des listes transnationales ou, à défaut, une plate-forme commune de programme par groupement politique européen.
Pour ma part, je suis en train de prendre connaissance des listes publiées par les autres partis européens pour voir si l’on peut coordonner un message pour la jeunesse à partir de plusieurs candidats jeunes à travers l’Union européenne.
Les Jeunes Européens ont choisi pour slogan : « It’s time for change, it’s time for Europe », « C’est l’heure du changement, l’Europe, c’est maintenant ». Pour vous, de quel changement l’Europe est-elle le moteur ? Comment défendrez-vous cette Europe qui change?
L’Europe qui change, c’est l’Europe qui protège davantage qu’elle ne contraint, réagit davantage qu’elle ne subit, apporte des solutions davantage qu’elle ne soulève des incertitudes.
L’Europe qui change, c’est aussi l’Europe qui est capable de répondre aux nouveaux défis transnationaux tels la lutte contre le réchauffement climatique, l’indépendance énergétique, la maîtrise des flux migratoires ou encore les crises sanitaires.
Pour défendre cette Europe qui change, nous devrons rajeunir et dépoussiérer l’Europe en intégrant les jeunes dans la mécanique européenne. C’est pourquoi je veux faire de ma candidature un symbole : celui de réconcilier les jeunes avec l’idéal européen, celui de rajeunir l’imaginaire européen, celui de marier la fougue de la jeunesse et l’audace des pères fondateurs.
Propos recueillis le 10 février 2009 par Benjamin ANCEL - © Les Jeunes Européens.
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e-mail : contact@damienabad.eu
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