Congrès de Nîmes : le discours de Damien ABAD (17.05.2008)
Le Nouveau Centre à Nîmes, quelle belle rencontre pour moi qui suis né dans cette ville gallo-romaine chargée d’histoire et qui ai grandi, à quelques kilomètres d’ici, dans la ville de Vauvert en plein cœur de la Camargue gardoise ; cette ville de Vauvert où je suis nouvellement élu, cette ville que j’aime tant, cette ville qui m’a tout appris et tant donné.
Et bien, le Nouveau Centre à Nîmes, c’est à mes yeux la rencontre entre ce que je suis et ce que je pense, entre ce que j’aime et ce que j’aspire à aimer, entre ce que nous sommes et ce que nous aspirons à devenir.
En faisant le choix de Nîmes pour tenir son Congrès fondateur, le Nouveau Centre est, pour ainsi dire, entrer dans l’arène. Et pas dans n’importe laquelle puisqu’il s’agit de l’arène politique, bien plus ancienne encore que les arènes de Nîmes, souvent plus cinglante, parfois plus éprouvante mais tout aussi passionnante.
Alors, et les nîmois ici présents en savent quelque chose, on n’entre pas dans l’arène sans une pointe de maestria ni un minimum de bravoure. Et ce courage politique, cette volonté d’aller au combat et de toujours défier l’adversaire, c’est la marque de fabrique du Nouveau Centre.
Et cette marque de fabrique, vous la devez d’abord à Hervé Morin sur le plan national, à Yvan Lachaud sur le plan local ainsi qu’à l’ensemble des ministres, parlementaires, élus locaux et militants ici présents.
Sans oublier bien entendu les Jeunes Centristes, au premier rang desquels notre présidente de région Languedoc Roussillon – Laure Alteirac -. Et croyez moi, ces jeunes là , ils n’ont pas fini de vous surprendre ni de se faire entendre. Grâce à vous Jeunes Centristes, grâce à votre mobilisation sans faille et votre énergie sans relâche, nous sommes passés de 20 à plus de 1 000 adhérents en à peine 6 mois.
Valeureux, combatif, incisif, voilà ce que sont, ce que doivent être et ce que seront le Nouveau Centre et les Jeunes Centristes.
C’est donc aujourd’hui Nîmes que nous devons affirmer notre identité dans une ville quia déjà trouvé, elle, son accent.
Alors, plus que jamais, recentrons-nous tous ensembles à Nîmes.
Alors recentrons-nous tout d’abord au nom du pluralisme et de la démocratie parce qu’il n’y a pas de pluralisme possible sans démocratie vivante et il n’y a pas de démocratie réelle sans pluralisme véritable. Le pluralisme sans la démocratie est impuissant et la démocratie sans le pluralisme est tyrannique.
L’un ne va pas sans l’autre et notre société se doit de marcher sur ses deux jambes, pluralisme d’un côté / démocratie de l’autre car sinon, notre système politique tout entier finira par marcher sur la tête.
Alors oui, le Nouveau Centre plus que toute autre formation politique, doit faire entendre sa voix lors de la réforme constitutionnelle en étant le plus fervent défenseur de la représentation pluraliste des opinions et des territoires, en limitant le cumul des mandats dans le temps et en demandant l’introduction d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale.
Comme nous le demande notre ami Jean Christophe Lagarde, il est grand temps d’arrêter les hypocrisies françaises.
Recentrons-nous aussi au nom des libertés qu’elles soient individuelles, collectives, locales, économiques ou politiques. Parce qu’être au Nouveau Centre, être Jeunes Centristes, c’est être au service d’une ambition commune, celle de replacer l’Homme au cÅ“ur de la société, de libérer les énergies de notre pays et de faire de la promotion des libertés individuelles une priorité de tous les instants.Â
Et la liberté, ça vaut aussi à l’intérieur d’un parti politique. Et là , vous avez, nous avons une chance inouïe, celui d’être dans un parti politique où tout est à faire, tout est à construire. Et celui d’être dans un parti politique où vous avez une totale liberté de parole, liberté d’action et liberté de pensée. Alors saisissez-vous de cette liberté car, croyez-moi, cette liberté, elle est chère à nos yeux, elle est chère à vos yeux et elle est surtout chère aux yeux de tout ceux qui nous regardent, nous observent et nous envient même parfois. Parce que cette liberté, elle est la raison d’être de notre engagement et elle est notre force d’attraction vis à vis de l’extérieur.
Recentrons-nous aussi au nom de la justice sociale, de l’efficacité économique et de la responsabilité budgétaire. Et là , les yeux dans les yeux, je m’adresse à vous Messieurs les ministres, messieurs les députés et je vous demande, au nom de l’ensemble des jeunes ici présents, au nom des générations futures, de ne pas renier vos convictions en matière d’équilibre budgétaire. Vous devez, nous devons exiger du Gouvernement l’inscription dans la Constitution de la règle d’or selon laquelle, dans l’avenir, aucun budget de la Nation ne pourra être présenté et voté en équilibre.
La jeunesse de notre pays vous jugera sur votre capacité en introduire des règles qui garantissent son avenir et préserve sa qualité de vie.
Parce que nous qui sommes jeunes, nous ne voulons plus être la génération sacrifiée, la génération oubliée, cette génération déficits qui n’a comme seul horizon le spirale infernale « Dette, déficits, dépression ».
Ne soyons pas fatalistes car la fatalité coupe les ailes à la jeunesse et, par là même, à la société toute entière.
Recentrons-nous aussi au nom de l’idéal européen afin de réconcilier l’Europe avec les européens, notre vision de l’Europe avec la réalité des préoccupations quotidiennes des françaises et français.
A quelques jours de la présidence française de l’Union européenne, comment ne pas réveiller et faire partager notre passion pour l’Europe ?
Pas l’Europe des technos sans saveur, de la paperasse inutile, des règlements indigestes ou des doctrines sans nom.
Non, je veux parler de l’Europe des peuples qui nous garantit une paix durable, l’Europe sociale qui doit toujours mieux nous protéger et l’Europe citoyenne qui doit toujours plus nous éduquer.
Nous les Jeunes Centristes, qui sommes les « enfants de l’Europe » + VGE
Recentrons-nous aussi au nom de l’existence d’un centre fort, libre et capable de faire des choix politiques clairs et compris de tous. Parce que la vie politique française ne peut se concevoir sans les valeurs et idéaux centristes et parce qu’une société de progrès ne peut faire l’économie du Centre.
Nous avons un destin commun : celui de construire ou reconstruire une force politique du Centre durable, solide et moderne. Et bien cette destinée commune, cette volonté de vouloir un centre ensemble, saisissons-là et j’irai même jusqu’à dire, croquons là à pleine dent. Car il n’y a rien de plus beau que de construire, rien de plus exaltant que de bâtir et rien de plus valorisant que de créer.
La France a besoin du Centre et le Centre a besoin de vous. Parce qu’entre les excentrés, les décentrés, les égocentrés ou les centrés sur eux-mêmes, il est grand temps de redonner du sens à l’engagement politique au Centre. Parce qu’à force d’être au centre de nulle part comme le MoDem, on se déconnecte de cet espace politique dont notre pays a tant besoin.
Ne soyons pas comme le Parti socialiste à toujours courir derrière le train des réformes en essayant tant bien que mal à se raccrocher aux wagons. Ne restons pas non plus à quai comme le MoDem et soyons autre chose que la Bay-roue de secours du gouvernement.
Soyons tout simplement davantage créateurs que suiveurs, inventifs que coercitifs, acteur que spectateur. Soyons toujours modestes dans notre comportement et toujours ambitieux dans nos actions.
Alors, ensembles, reconstruisons cette union des personnes, cette union des idées, cette union des valeurs centristes, reconstruisons cette union pour la démocratie française et allons même encore plus loin en offrant un projet novateur, ambitieux et moderne.
Et nous les jeunes centristes, nous en avons la responsabilité, le devoir, et je dirai même la vocation. Et nous avons déjà commencé à le faire. Ainsi, savez-vous que depuis le début de l’année 2008, les Jeunes Centristes ont eu davantage de dépêches AFP que les Jeunes de l’UMP, le MJS, les Jeunes MoDem, les Jeunes Verts, les jeunes radicaux ou les Jeunes communistes. Et nous avons eu, ce qu’aucun autre mouvement jeune n’a eu cette année, à savoir un article sur les Jeunes Centristes dans le Figaro, les Echos, la Tribune, le Républicain, le Progrès, la Provence, le Courrier Picard, le Parisien et même Le Monde !!!!
Alors cela signifie une chose simple : nous sommes un mouvement jeune de plus en plus visible, de plus en plus audible, de plus en plus crédible et de plus en plus légitime. La reconstruction du Centre est en marche et les Jeunes Centristes seront au cœur de cette reconstruction.
Et si les Jeunes Centristes suscitent autant d’intérêt, c’est parce que nous sommes différents des autres mouvements jeunes politiques.
Différents des autres mouvements jeunes politiques parce que les Jeunes Centristes ne sont ni un fan club au service d’un homme ou d’une femme ni une simple armée de « colleurs d’affiches ». Notre engagement politique repose sur une triple ambition :
celle de participer à la construction d’un projet de société, celle de s’engager pleinement dans la vie politique nationale et locale, et celle de faire entendre la voix de la jeunesse dans notre pays.
Oui, les jeunes ont souvent un message à vous délivrer et c’est aussi à vous les médias de leur offrir parfois la possibilité de l’exprimer publiquement.
Ainsi, savez-vous que 8 jeunes sur 10 ont une mauvaise image des hommes politique ? Savez vous que 9 jeunes sur 10 considèrent que les hommes politique ne répondent pas aux préoccupations des jeunes ?
Et savez-vous qu’une jeune sur 10 seulement estime avoir recours à un parti politique pour s’informer et comprendre les enjeux de notre monde ?
Et bien ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Alors ne voyez pas là un signe de dépolitisation ou de désintéressement des jeunes à l’égard de la politique. Non, ces chiffres révèlent une chose : les partis politique et les mouvements jeunes, dans leur ensemble, ne remplissent plus leur rôle de socialisation à l’égard des jeunes.
Différents des autres mouvements jeunes car nous devons être là où l’on ne nous attend pas.
Et être là où on ne l’attend pas, c’est justement ce qu’on essaie de faire en sensibilisant les jeunes à une question, pas toujours sexy ni forcément attrayante : celle de la dette.
Mais être là ou ne l’attend pas, c’est aussi aller plus loin que le parti aîné sur certains sujets et parfois dépasser la ligne politique officielle du parti. C’est également prendre parfois des positions plus tranchées ou plus osées – comme nous avons pu le faire sur la question de l’adoption par des couples homosexuels par exemple. C’est également mettre à l’ordre du jour du débat public des thématiques parfois trop peu considérées.
C’est enfin être en capacité de faire bouger les lignes, de peser dans le débat public, de pouvoir exprimer ses attentes et concrétiser ses rêves.
Et bien, s’il y avait une seule chose à retenir des Jeunes Centristes, c’est celle-ci : nous sommes un mouvement jeune différent des autres qui se doit d’être là où on ne l’attend pas.
Différents des autres mouvements jeunes car nous voulons aussi peser dans les choix politiques de demain. Avec un principe simple : ce n’est pas parce que l’on est jeune que l’on n’a pas le droit d’être en position éligible sur les listes électorales.
Alors Monsieur le Ministre, je sais que vous êtes attachés à ce que les jeunes du Nouveau Centre puissent exister, se faire entendre et participer aux prochaines échéances électorales que sont les européennes puis les régionales.
Et bien, pour ce Congrès fondateur, je vous demande de prendre un engagement solennel : celui d’atteindre l’objectif selon lequel 30% des candidats présentés par le Nouveau Centre lors des élections européennes et régionales seront des Jeunes Centristes et la moitié d’entre eux figureront en position éligible.
Cet engagement serait un signal fort adressé à la classe politique toute entière et ce serait un message de confiance et de respect adressé aux jeunes du Nouveau Centre dont les effectifs grandissent chaque jour un peu plus.
Et croyez moi Monsieur le Ministre, si vous prenez cet engagement aujourd’hui à Nîmes, vous ne le regretterez pas.
Parce que comme vous, nous sommes davantage tournés vers les autres que repliés sur nous-mêmes, nous préférons l’action à la parole, la réforme au blocage, l’ouverture au repli sur soi, l’audace à l’immobilisme, les réalisations concrètes aux promesses illusoires.
Et comme vous, nous croyons en une direction du parti davantage démocratique qu’autocratique, davantage collective que personnelle et davantage participative que directive.
En multipliant les cafés politique, en organisant un grand séminaire européen à Strasbourg le mois prochain, en multipliant les échanges avec les Jeunes de l’UMP, les Jeunes radicaux et les Jeunes MoDem, en créant des pôles thématiques destinés à construire un véritable projet politique, en ayant des représentants Jeunes Centristes dans la quasi-totalité du territoire national et en multipliant les actions de communication, nous essayons chaque jour, chaque heure et parfois même chaque minute d’apporter notre pierre à la construction de la « maison Centre ».
Alors, bien entendu, beaucoup reste à faire et je dirai même que tout est encore à faire, tout est à construire. Ce n’est qu’un début et tous ensembles, jeunes et moins jeunes, centristes de cœur et centristes de raison, centristes de souche et centristes d’adoption, centristes de la première heure et centristes de demain, centristes d’un jour centristes toujours, nous devons relever ce formidable défi qui se dresse devant nous : celui de reconstruire une force politique du centre durable et solide, incarnant à la fois une vision nouvelle pour l’avenir et un projet politique répondant aux attentes quotidiennes des français.
Cette tension entre le présent qui nous oppresse et l’avenir qui nous obsède, entre la quotidienneté des problèmes et la durabilité des solutions, entre la pression de l’instant et l’exigence du futur, cette tension est au cœur de tout engagement politique.
Ainsi, si notre congrès fondateur donne officiellement naissance à notre parti politique aujourd’hui, il faut désormais donner vie à notre projet politique, donner corps à notre force politique et surtout donner une âme à notre engagement.
Nous devons désormais avoir pour ambition de tout mettre en œuvre pour que le Nouveau Centre soit davantage durable que nouveau.
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